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Guide · Voisinage

Surélever une maison mitoyenne

Par l’équipe Surélever, spécialistes de la surélévation, relu par notre architecte partenaire (architecte DPLG) Mis à jour le
Un pavillon en meulière reçoit un étage en ossature bois. + 1 niveau en ossature bois

Oui, on peut surélever une maison mitoyenne. Le Code civil (article 658) permet à tout propriétaire de faire exhausser le mur mitoyen à ses frais, en indemnisant le voisin de la charge supplémentaire. Les fenêtres créées doivent respecter les distances de vue : 1,90 m pour une vue droite et 0,60 m pour une vue oblique (articles 678 et 679). Un accord écrit et un constat avant travaux évitent la plupart des litiges.

Le droit d’exhausser le mur mitoyen

Le mur qui sépare deux maisons mitoyennes appartient en principe aux deux voisins. Le Code civil donne pourtant à chacun le droit de le rehausser seul :

  • Article 658 : tout copropriétaire du mur peut le faire exhausser, à condition de payer seul les travaux, l’entretien de la partie rehaussée et une indemnité de la charge supplémentaire imposée au mur.
  • Article 659 : si le mur n’est pas en état de supporter l’exhaussement, celui qui veut surélever doit le faire reconstruire entièrement à ses frais, en prenant l’excédent d’épaisseur sur son propre terrain.
  • Article 660 : le voisin qui n’a pas participé peut ensuite acquérir la mitoyenneté de la partie rehaussée, en payant la moitié de son coût.

Autrement dit, le voisin ne peut pas bloquer la surélévation au seul motif du mur mitoyen. Il peut en revanche obtenir réparation de tout dommage causé par les travaux.

Les distances de vue sur le voisin

Les fenêtres et terrasses du nouvel étage doivent respecter les règles de vue du Code civil, indépendamment du PLU :

Type d’ouvertureDistance minimale depuis la limiteRéférence
Vue droite (face à la propriété voisine)1,90 mArticle 678
Vue oblique (de biais)0,60 mArticle 679
Jour de souffrance (verre fixe et translucide)Pas de distance, mais hauteur minimale d’allègeArticles 676 et 677

Le PLU ajoute souvent ses propres règles de retrait par rapport aux limites séparatives, généralement plus exigeantes pour les façades percées de fenêtres. La règle la plus contraignante s’applique.

Le voisin peut-il s’opposer au permis ?

Le voisin peut contester le permis de construire devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant l’affichage sur le terrain, mais seulement pour des motifs d’urbanisme (non-respect du PLU, dossier incomplet). Les questions de mitoyenneté et de vues relèvent, elles, du juge civil. Un projet conforme au PLU et respectueux des règles de vue a donc peu de risque d’être bloqué, mais un voisin mécontent peut retarder le chantier : l’échanger en amont est toujours rentable.

La méthode qui évite les conflits

  1. Présenter le projet au voisin dès l’esquisse, plans à l’appui.
  2. Signer une convention qui précise les travaux sur le mur, l’indemnité, l’accès éventuel à sa propriété (échafaudage, grue) et les protections prévues.
  3. Faire établir un constat de l’état de sa maison par un commissaire de justice avant le démarrage : il protège les deux parties en cas de fissure.
  4. Vérifier l’assurance de l’entreprise pour les dommages aux tiers.

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